Pregny

Pregny

Au XIIe siècle, Pregny est terre du Pays de Gex et relève des comtes de Genevois. Dès le milieu du XIVe siècle, Pregny devient possession de la maison de Savoie. En 1536, les Bernois viennent dégager Genève de l’emprise savoyarde et occupent notamment le Pays de Gex où ils introduisent la Réforme. Mais en 1567, les Bernois, préférant s’assurer le Pays de Vaud, rendent Pregny et les autres terres autour de Genève à la Savoie. Vers la fin du XVIe siècle, la Savoie devient menaçante. Les Genevois entreprennent une guerre préventive et occupent le Pays de Gex en 1590, lorsque Berne et la France retirent leur soutien à la cité réformée. Le Conseil de Genève est alors contraint de démanteler les châteaux qui peuvent constituer un danger pour la cité : Gex, Divonne, Grand-Saconnex, Vernier. A Pregny, Jean de Brosses, seigneur des terres de Pregny et Chambésy obtient, après avoir comblé les fossés et détruit l’enceinte de son château de Tournay, que celui-ci soit préservé. Le traité de Lyon de 1601 donne le pays de Gex à la France et celui-ci est réuni au gouvernement de Bourgogne. Henri IV, roi de France, confie la charge de grand bailli de Gex à Pierre de Brosses, qui n’est autre que le fils de Jean.

l’Ile Calvin

La propriété appelée actuellement Île Calvin, sur laquelle est établie la maison forte qui deviendra La Tour aux Moines est achetée dans les années 1540 à Jean de Genthod par Antoine Calvin. Celui-ci agrandit peu à peu sa métairie en acquérant des bâtiments et terres aux alentours. La propriété passe ensuite de mains en mains et la famille Moine en devient une des propriétaires, d’où l’autre nom usuel de La Tour aux Moines, pour ce domaine. En 1592 la maison forte de la Tour aux Moines est déjà en ruines et il n’en reste aujourd’hui que les fossés, entourant une petite île qui donnent une touche romantique au parc. Le nom d’Île Calvin semble dater de 1860. Il est donné au domaine lors de l’achat de celui-ci par un de ses nombreux propriétaires successifs, qui avait entendu dire que Calvin avait prêché ici.

Développement historique

Deux frères : Jean et Antoine Calvin

Quand Jean Calvin décide de quitter Noyon pour se retirer à Bâle et Strasbourg, il emmène avec lui son frère cadet Antoine, qui est aussi son plus proche ami et le restera. On peut supposer qu’Antoine était avec le Réformateur quand celui-ci fut retenu à Genève par Guillaume Farel. Après leur expulsion de Genève, on retrouve en tout cas les deux frères à Strasbourg, où ils visitent ensemble des malades de la peste entre autres activités. Jean est ensuite rappelé à Genève et revient seul, dans un premier temps, tandis qu’Antoine reste en arrière à Strasbourg pour s’occuper du déménagement. Il accompagnera ensuite sa belle-sœur Idelette sur le chemin du retour. A Genève, Antoine se cherche une activité et comme plusieurs de ses coreligionnaires, devient imprimeur et libraire. En 1559 il obtient du Conseil le privilège d’imprimer en latin et en français l’Institution chrétienne dont son frère est l’auteur. Belle collaboration entre les frères autour des écrits de la Réforme.

Jean aime aller se reposer chez son frère à la métairie que celui-ci possède à Pregny. Il y admire la nature : « Aux herbes, arbres et fruits, outre les diverses utilités que Dieu nous en donne, il a voulu réjouir la vue par leur beauté et nous donner encore un autre plaisir par leur odeur… Pensons-nous que notre Seigneur eût donné une telle beauté aux fleurs, laquelle se représentât à l’œil, s’il n’était licite d’être touché de quelque plaisir en la voyant ? Pensons-nous qu’il leur eût donné si bonne odeur s’il n’avait pas voulu bien que l’homme se délectât à flairer ? » in Institution chrétienne, cité par Guillaume Fatio.
Lorsque les maux de l’âge empêcheront Jean de monter en chaire, c’est alors assis dans son fauteuil qu’il prêchers le dimanche pour un petit auditoire de fidèles venus l’écouter à la Métairie de Pregny.

Les ferronniers huguenots

Les grilles du parc de Rothschild à Pregny, qui datent des années1860, ont pour auteur l’anglais Edward Longley Fardon. Elles s’inspirent et imitent des œuvres plus anciennes et nous rappellent le souvenir des ferronniers huguenots.
Ceux-ci sont actifs à Genève, mais peu ont laissé leur nom. On connaît la famille Gignoux, venant d’Uzès : les deux Pierre Gignoux, père et fils sont actifs dès la fin du XVIIe jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Ils laissent un livre de référence : Divers ouvrages de serrurerie, comme balcons, rampes descalier, consolle, porte de fer, desus de porte, seintre portanseigne / le tout invantez et fait et gravet par Pierre Gignoux, père et fils, mestre serruriers, Genève 1713. Ce catalogue d’œuvres représentées par des dessins permet non seulement d’identifier leurs créations genevoises mais servira de source d’inspiration pour leurs successeurs qui se sentiront libres d’y puiser leurs idées de créations.
Jean Tijou, ferronnier huguenot, arrive en Angleterre vers 1689 où il devient le protégé du roi. Il laisse lui aussi un catalogue, son Nouveau livre de dessins inventés et dessinés par Jean Tijou contenant plusieurs sortes d’ouvrages de fer comme portes, frontispices, balcons, rampes d’escaliers, panneaux.
C’est en grande partie grâce à ces documents que les ferronniers Gignoux et Tijou sont connus aujourd’hui. Car lorsqu’ils créent ce que nous considérons comme des œuvres d’art, celles-ci sont, considérées tout au plus comme un bon travail d’artisan serrurier.

Route de Pregny 17, 1292 Chambésy

En image

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Cathédrale Saint-­Pierre

Liens

Bibliographie

  • Guillaume Fatio & Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, 1978 (2ème éd.)

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